Les incas, intermède culturel

Si nos derniers billets de blog relatent assez bien nos aventures, elles cachent une partie importante de ce que nous découvrons au fur et à mesure de nos visites : la culture inca, et la période de la conquête espagnole. Pour corriger le tir, voici un billet spécial civilisation. Bien sûr, cela n’implique que moi, si vous voyez des imprécisions, n’hésitez pas à en parler dans les commentaires.

Les incas

Au XIIe siècle coexistent en réalité de nombreuses civilisations en Amérique du Sud, qui se font régulièrement la guerre. Près de La Paz, vivent par exemple les Tiwanacu dont nous avons visité un site (cf. l’article sur La Paz), les Aymaras, plus au sud les Quechuas, etc. Les incas, ou plus précisément la civilisation inca a émergé d’une de ces peuples (on ne sait pas précisément lequel), et grâce à plusieurs avancés technologiques (en particulier militaires), ainsi qu’un pouvoir centralisé très efficace, ils ont vite conquis un énorme territoire, de l’Équateur au nord du Chili, en passant par le Pérou et la Bolivie. Le terme « inca » ne désigne en fait que le dirigeant de la population, qui contrôle d’une main de fer depuis Cusco, en langue quechua « le nombril du monde ». Jusqu’au XVe siècle ils réussissent à s’imposer comme le peuple dominant.

Religion inca

Ils vénèrent de nombreux dieux, dont celui du tonnerre, des rivières, de la forêt, et parmi les plus importants sont Inti le dieu Soleil, et Pachamama la terre mère. Tout va par trois chez eux : trois mondes (le monde d’au-dessus, le monde présent et le monde souterrain), trois animaux sacrés associés (le condor, le puma et le serpent). Les temples les plus sacrés sont ceux du Soleil, qui sont placés de façon très précise, afin qu’il se passe quelque chose lors d’un des deux solstices (une pierre qui s’éclaire par exemple), leurs connaissances astronomiques sont assez poussées, ce qu’ils utilisent pour suivre le rythme des saisons.

Conquête espagnole

Malheureusement pour eux, cette période d’âge d’or arrive à sa fin avec l’arrivée des espagnols en Amérique — non pas avec Colomb qui s’est en fait arrêté aux Caraïbes lors de ses multiples voyages — mais avec un certain Pizarro qui commence simple soldat et finira vice-roi du Pérou, venu comme tous ses compatriotes pour faire fortune, et accessoirement prêcher la religion catholique. Je passe les diverses trahisons, tortures et massacres des colonisateurs, après une guerre assez courte, la civilisation inca doit se soumettre aux nouveaux arrivants, aidés de quelques peuples locaux voulant prendre leur revanche. Les métaux précieux n’étaient pas utilisés pour le commerce, mais simplement comme décoration pour leurs édifices religieux. Et de l’or et de l’argent ils n’en manquaient pas (cette région reste à l’heure actuelle le plus grand fournisseur mondial de métaux précieux). Cusco, ville remplie d’or, a peut-être créé le mythe de l’El Dorado.

Conversion des indigènes

La colonisation commence par la tentative d’éradication de la culture et religion inca : on détruit le maximum d’édifices religieux, et on reconstruit sur ces fondations des églises, que l’on décore avec l’or et l’argent trouvés dans les temples ou que l’on fait extraire des mines par les indigènes. En passant, dans la religion catholique, l’or est considéré comme le métal de Dieu, de la colonisation, et l’argent comme celui de Jésus. Évidemment, le travail des missionnaires est très compliqué avec cette forte culture, et des compromis sont nécessaires. Les œuvres qui ornent les églises, bien qu’illustrant des scènes classiques de l’Évangile, utilisent des symboles locaux : des lamas, des montagnes, le Soleil, la Lune, etc. L’école artistique de Cusco est née, et développent de nouvelles techniques propres (diverses méthodes d’ajouter finement de l’or sur les peintures). Un point de divergences : alors que le miroir est symbole de vanité pour les catholiques (d’ailleurs interdits dans les couvents), c’est un symbole important pour les indigènes, qui permet de voir l’âme. Conséquence, certains retables d’église de cette époque possèdent pleins de petits miroirs ! Encore un symbole illustrant la fusion des cultures : on voit souvent des vierges avec une longue robe en forme pyramidale. Cela pourrait être le symbole de la montagne représentant la terre nourricière pour les indigènes. Mais il ne faut pas le voir partout : cette tendance artistique existait déjà chez les peintres espagnols de l’époque.

Que reste-t-il des incas ?

La volonté de conversion des populations explique qu’on retrouve très peu de bâtiments incas de nos jours. À Cusco il ne reste que quelques murs réutilisés par les envahisseurs. Dans la vallée sacrée (qui fournissait toute la nourriture à la ville) quelques greniers, quelques fondations de maisons, des ruines de temples du Soleil, du tonnerre. Et … et le Machu Picchu.

Machu Picchu

Le Machu Picchu (littéralement petite montagne), une ville entière préservée de la furie destructrice des espagnols ! Voilà pourquoi il est aussi unique, et donc célèbre ! Et cette ville n’a été remise en lumière qu’au début du XXe, par un certain Birgham, à l’époque Assistant Professor à Yale. Je dis « mis en lumière » parce que cela n’a rien d’une (re)découverte : si la cité, après avoir subi l’indifférence des espagnols est tombée dans l’oubli, les locaux connaissaient tout à fait son existence, et venaient même cultiver sur ses terrassements ! Birgham s’est fait guider par deux locaux, et est arrivé au Machu Picchu sept jours après son arrivée à Cusco… Facile. Le comble, c’est qu’un archéologue anglais connaissait déjà l’existence de ruines, et avait même fait un plan très précis de leurs positions (visible dans des archives londoniennes), mais trop pressé d’aller en Bolivie, il ne les a pas explorées… L’apport véritable de Birgham a été de développer l’intérêt des gouvernements américain et péruvien, qui a permis d’apporter de l’argent afin de remettre le site en état et le reconstruire partiellement.

 

Voilà, c’est tout pour la leçon d’aujourd’hui 😉

Inca Jungle Trail jours 1 et 2

Ça y est, nous y sommes, nous partons vers le Machu Picchu ! Pour y aller, plusieurs choix se présentaient à nous. La version flemmard est d’y aller en train puis en bus, on arrive directement aux pieds du site. Très clairement ça ne nous convenait pas. Une option tentante est d’emprunter le chemin Inca qui relie Cusco au Machu Picchu en 4 jours, l’un des seuls qui n’est pas été démoli par les Incas eux-mêmes, afin de ralentir les espagnols. Oui mais ça coûte près de 500€ par personne et c’est à réserver des mois à l’avance… Le trek du Salkantay sinon, 5 jours de randonnée ! De la randonnée rude, qui traverse paysages de jungle, de montagne, de plateau. Oui mais on a que 4 jours dans notre planning et Léa a un genou douloureux depuis quelques temps. Pourquoi pas l’inca jungle trail alors ? 4 jours pour aller au Machu Picchu, avec un mélange de transport en minibus, vélo, marche et des activités comme le rafting et la tyrolienne.

On signe avec l’agence Marvelous Peru, et nous ferons le voyage avec 5 autres compagnons de route : Rachel et Justin, deux canadiens en voyage pour 8 mois, Rachel (et oui) aussi canadienne qui voyage seule à 22 ans, Aby et Connor deux néo-zélandais officiers de police. Nous sommes tous jeunes (enfin nous un peu moins…) et assez sportifs, nous formerons un super groupe. Rien à voir, mais pendant tout le voyage, Arnaud sera aussi accompagnée d’une bien longue tourista (…)

Vendredi 7 matin c’est parti ! Départ en minibus, pour une première étape de vélo. On nous lâche tout équipés à 3500m d’altitude, sur une route de montagne, et on commence une descente vertigineuse de 2000m de dénivelé. Deux heures de descente pendant lesquelles on a le temps de prendre en main les VTT plus ou moins récents, et de voir évoluer le paysage vers une végétation proche de la jungle tropicale. Quelques souvenirs de Martinique nous reviennent en mémoire. Ce n’est pas l’étape la plus physique (que de la descente), et bien qu’il faille se méfier de la conduite des péruviens, c’est plutôt amusant, avec quelques passages sur des micro-cours d’eau.

On reprend le minibus, et après un sympathique déjeuner, on part pour une grosse demie-heure de rafting sur la rivière sacrée Urubamba. Imaginez : Arnaud à bâbord, Léa à tribord sur l’avant du raft, à donner ensemble le tempo aux rameurs, et à se faire à moitié écraser à l’ordre du guide « Jump on front! ». Franc succès pour cette deuxième expérience , trop vite terminée. Dîner dans le même restaurant qu’au déjeuner, et première nuit dans une vaste chambre d’hôtel ma foi agréable. Rendez-vous demain matin, 6h30 « European time », c’est-à-dire sans retard ! Je vous laisse deviner ce que veut dire « Peruvian time »…

Samedi, ça commence (très) mal. À la fin du petit-déjeuner, une pluie torrentielle a démarré ; ce qui n’est pas surprenant pour une région tropicale en fin de saison humide. Malheureusement, au menu d’aujourd’hui : 6h de marche avec pour destination finale des termes naturelles. On attend que l’orage tropical se transforme en pluie soutenue, on enfile nos ponchos pour protéger nos sacs, et on franchit courageusement le seuil du restaurant. S’en suit 1h30 de marche sur une route mi-boueuse, mi-inondée, qui se conclut par une courte pause près d’une petite maison à la lisière de la forêt. On aura été le seul groupe à marcher cette portion goudronnée, les autres groupes ayant pris des minibus… Nous sommes trempés, nos chaussures et chaussettes tellement inondées qu’on a l’impression de marcher dans une flaque à chaque nouveau pas. Léa est à cran, Arnaud essaie de penser à autre chose qu’à la pluie et son mal de ventre… Bref, on entame une autre heure de marche en montée dans la « pré-jungle amazonienne », par chance la végétation atténue nettement la pluie qui arrive sur nos épaules. Contre toute attente, en arrivant à la seconde maison « check point », le brouillard s’est levé, et la pluie s’est arrêtée ! On s’arrête une quarantaine de minutes devant une table chargée de produits locaux. On se sèche, on écoute le guide nous expliquer​ ce qu’on a devant les yeux, et on goute pleins de choses, dont une version améliorée des feuilles de coca avec des cendres de cacao (dont on n’a pas vraiment déterminé l’origine), de la tequila, du jus de fruits de la passion, une pâte chocolatée coupée au miel (une tuerie), du café, des fèves des cacao, puis on fait des photos avec des habits typiques… Ouf, ça va mieux 😀

Du café !

En reprenant notre route, on prend de la hauteur en suivant un ancien chemin inca, sur lequel Justin profite du paysage dégagé pour mettre son drone en route, puis on redescend au bord de la rivière pour un déjeuner tardif mais bienvenu, que l’on complète de maracuyas (une espèce de fruit de la passion) trouvés en chemin. Dernière étape de marche où l’on suit la rivière et où on la traverse, soit par des ponts (so classic), soit avec un télésiège à l’ancienne (comprendre un chariot accroché à un câble, tiré par deux hommes) ! On emprunte un tunnel, et c’est l’arrivée aux termes. 1h30 de repos dans les différents bassins, avant de rejoindre notre second hôtel et prendre note dîner. La fin de la journée est aux antipodes de son commencement !

NB : Saviez-vous qu’il y a plusieurs sortes de « plat » ? Le guide en a énuméré trois : « Peruvian flat » (c’est plat, comme l’altiplano), « Inca flat » (ça monte) et le « European flat » (la descente quoi…)

Cusco, la ville impériale – épisode 1

Nous partons le 5 avril au matin en car direction Cusco. Nous passons la frontière péruvienne toute proche et longeons le lac Titicaca jusqu’à Puno. On se rend ainsi encore plus compte de l’immensité du lac, et nous croisons pleins d’alpagas ! Pas d’arrêt à Puno pour nous, pas le temps de trénasser. Nous traversons l’Altiplano péruvien pendant 7 heures et arrivons à Cusco à 19h. Il fait déjà nuit noire depuis 18h30 (nous avons reculé d’une heure en passant la frontière). Dans le taxi qui nous amène à notre hôtel, on aperçoit déjà un bout du centre historique et quelques très beaux bâtiments. Ça promet d’être une belle ville.
Nos estomacs allant mieux, nous nous faisons plaisir en allant dans un bon restaurant, découvrir le ceviche péruvien et manger des spécialités dont de l’alpaga.
Le lendemain matin, nous allons réserver auprès d’une agence un trek de quatre jours avec comme point final le Machu Picchu (sujet des deux prochains articles), avec un départ dès le lendemain. Nous pouvons commencer tranquillement la visite de Cusco. Le centre est vraiment magnifique, il y a bien sûr des bâtiments impressionnants tels que la cathédrale, des églises, des couvents, de belles maisons coloniales mais même les bâtiments plus simples sont en harmonie avec l’ambiance générale, avec des patios espagnols, et bien souvent des fondations et des murs incas. Cusco, signifiant »nombril » en quechua, était la capitale de l’Empire inca. Point très appréciable par rapport aux villes boliviennes que nous avons parcourues, il y a moins de circulation et même des rues piétonnes ! La plaza de Armas a vraiment de l’allure. Bref, on adore la ville. Nous profitons de l’après-midi pour visiter la cathédrale, très impressionnante autant au niveau de l’architecture que des œuvres que l’on n’y trouve (chaires finement sculptées en bois, rétables baroques surchargés d’or, etc.) On y découvre Saint Antoine, patron des objets perdus, auprès duquel les jeunes filles s’adressent pour trouver un bon fiancé (et un autre Saint auquel les hommes s’adressent pour se débarrasser de prétendantes^^). On continue notre parcours religieux (on a un billet commun pour tous ces monuments) avec l’église Saint Blaise, patron des… arêtes de poisson. Son premier miracle aurait été de sauver un enfant de l’étranglement par une arête de poisson. Top prestige ! C’est aussi le saint que les croyants viennent prier lorsqu’ils se sentent accablés (étouffés) par les problèmes de la vie. Puis viennent l’église Saint Christobal et le musée d’art religieux, situé dans une magnifique maison avec patio andalou. Pour finir, nous allons au musée du Machu Picchu, afin d’en apprendre plus sur ce lieu mysterieux, sa redécouverte, sa disposition, pour être plus alerte quand nous y serons.


Le soir, nous goûtons le fameux cuy (prononcé « couille ») : du cochon d’Inde cuit au four, normalement plat dominical. La bête est assez grosse pour nous sustenter tous deux, et le goût est vraiment particulier mais très bon.
Demain, nous disons au revoir pour quelques jours à Cusco. Nous partons à l’assaut du Machu Picchu !

Copacabana, la mer à 4000m d’altitude

On laisse La Paz derrière nous sans trop de regrets, et après 4h de trajet et une traversée où notre bus passe sur une petite barque, nous arrivons à une ville sur le bord du célèbre lac Titicaca, l’une des fiertés de la Bolivie et du Pérou. Oui le nom de cette ville vous est familier, mais ce n’est pas ce que vous croyez : vous pensez à une plage, située au Brésil, avec des températures en permanence estivales. Ici ce n’est pas la mer, mais un très grand lac, froid, et personne ne se baigne… En fait le nom de la plage brésilienne tire son nom de cette ville, à cause d’une promesse faite par un moine s’étant perdue au large des côtes brésiliennes.

Bref, l’intérêt de Copacabana est de pouvoir observer le lac de quelques points de vue, et d’être la porte d’accès la plus facile à l’Isla del Sol, une toute petite île qui présente aussi de très beaux paysages sur le lac. Après avoir pris nos quartiers, nous montons sur le point de vue le plus proche : le calvaire. Comme son nom l’indique, pendant une rude montée, on suit le chemin de croix de Jésus. Si ce genre de grimpette ne nous fait pas peur (on a vu nettement pire en Patagonie), l’altitude rend la montée sacrément plus ardue ! Mais on est récompensé par le panorama après la 14e et dernière croix. Le soir, on mange l’incontournable truite du lac, grillée ou sautée.

Le lendemain, on avait prévu de passer la journée sur l’Isla del Sol, en parcourant un chemin pré-hispanique la traversant du nord au sud. On apprend le matin même que la partie nord de l’île est en fait inaccessible, à cause de manifestations à propos d’une sombre construction non autorisée… On adapte alors le parcours en rayonnant du port sud de l’île, jusqu’à arriver au barrage. L’île est effectivement très belle et nous passons une journée très agréable. De plus, ça y est, on vient de compléter notre bestiaire des lamas : on a vu un alpaga !

Le soir, on se contentera de riz, cuit dans une eau bien bouillie. Menu bienvenu, car nos estomacs ressentent la différence sanitaire entre Chili où l’eau était potable, et la Bolivie où on se balade avec notre bidon de 6L d’eau, et où on évite fruits et légumes crus… Demain, finie la Bolivie, départ pour le Pérou !

La Paz, la plus haute capitale du monde

Nous arrivons à 8h du matin à La Paz, après une nuit tranquile en car (enfin, il paraîtrait qu’une roue à été changée en plein milieu de la nuit mais on dormait^^). La configuration de la ville est originale : le centre de la ville se situe dans une cuvette et les quartiers périphériques remontent sur les flancs. Quelques bâtiments sont sympathiques, mais globalement la ville n’est pas très belle et, encore une fois, saturée de circulation.


Comme d’habitude lorsqu’on arrive dans une nouvelle ville, nous nous trouvons un hôtel puis partons en exploration.
Sachant que nous ne comptions pas rester longtemps à La Paz, nous voulions aller visiter le site pré-inca de Tiwanaku, à 1h30 de La Paz. Ni une, ni deux, on attrape un minibus pour le cimetière d’où partent d’autres minibus pour Tiwanaku. On met déjà 45 minutes à sortir de la Paz, tellement la ville est étendue et la circulation importante. Arrivés à Tiwanaku, on achète nos billets (100 bolivianos contre 15 pour les locaux, on se sent un peu extorqués), puis grosse frayeur, on se rend compte que l’on a oublié l’appareil photo dans le bus ! On fonce dans la ville en espérant retrouver le minibus et, miracle, Léa identifie le minibus en train de reprendre des passagers pour La Paz et récupère l’appareil. Pfiou !
On peut enfin commencer notre visite et j’avoue que nous avons été un peu déçus. On s’attendait à des ruines grandioses, ou du moins impressionnante (le site est classé patrimoine mondial de l’UNESCO) mais il ne reste plus grand chose. On voit les vestiges d’une pyramide et de deux temples. Points d’intérêts cependant : la porte du Soleil (la fameuse dans Tintin) et un temple souterrain où des roches ont été taillées en forme de visages.

La porte du soleil


Nous revenons à La Paz en fin d’après-midi et nous baladons dans la ville, avant d’aller nous faire un bon restaurant pour goûter des spécialités du coin, mais tenu par un hollandais ! Délicieux repas, avec un assortiment très copieux de spécialités boliviennes.
Le lendemain matin, nous allons visiter le musée national d’éthnographie et folklore, situé dans un très beau bâtiment, qui comporte de belles collections de textiles, de masques et de parures en plumes. Nous admirons sur une place un peu plus loin, une horloge qui tourne à l’envers ! Commande du président Evo Morales qui veut s’affranchir des normes occidentales. En effet, ici, les cadrans solaires tournent dans le sens inverse de notre hémisphère 🙂


Fatigués par la ville, nous voulons retrouver un peu de nature. Nous embarquons donc dans un bus, direction le lac Titicaca, notre dernière étape bolivienne.
PS : c’est un moment très à-propos pour revenir sur un message codé du début du voyage. Pour ceux qui se souviennent, nous avions dû retourner à l’aéroport de Santiago 2 jours après notre arrivée. La raison est que l’appareil photo (n’ayant encore jamais servi) était tombé du sac d’Arnaud à l’aéroport Charles de Gaulle ! On s’en est rendu compte 30 minutes après notre départ. Coup de bol, on nous a informé au bureau de la compagnie à Santiago que l’appareil avait été retrouvé et que l’on pouvait nous le faire parvenir via le prochain avion (sans frais). Décidément, cet appareil nous aura causé bien des frayeurs !

Sucre, la cité blanche

Nous voici arrivés en fin d’après-midi​ à Sucre, ancienne capitale de la Bolivie, qui ne détient plus que le pouvoir judiciaire (La Paz ayant déclenché une violente guerre civile simplement pour récupérer les deux autres pouvoirs). Le centre de la ville est classé, comme à Potosi, au patrimoine mondial de l’UNESCO. La place du 25 mai est entourée de beaux bâtiments coloniaux peints en blanc, et de nombreuses églises, également blanches et à façades joliment sculptées, parsèment la ville. Ne serait-ce les minibus et taxis bien trop présents, la ville serait très agréable.
Nous passons notre vendredi à nous promener, avec une première visite guidée (encore en français) de la Casa de la Libertad, lieu où a été signée la déclaration d’indépendance de la Bolivie. On y apprend beaucoup de choses sur l’histoire du pays. En particulier, le pays porte le nom de Bolivar, certes le libérateur, mais qui ne voulait pas l’indépendance du pays !

L’après-midi, nous visitons le musée d’art indigène, très bien fait, qui traite de musique traditionnelle, mais surtout de l’art textile du pays. Dès la première salle, on est totalement immergés dans l’ambiance. On a le droit à un (épais) guide papier, encore en français, qui détaille les objets de la collection, et contribue à notre immersion dans l’art tisserand. Chaque culture, chaque village a ses motifs spécifiques bien reconnaissables. Nous voyons même une tisseuse à l’œuvre et sommes complètement hypnotisés par son savoir-faire ! Grâce à l’association ASUR à l’origine du musée, et qui a pour but la conservation de l’art indigène, celui-ci continue de se développer. Si la technique reste la même, les nouvelles créations font ressortir cet indéniable caractère artistique. Même les hommes se mettent au tissage, avec leurs techniques et motifs propres.

Pour approfondir notre visite de la région, nous souhaitions faire une randonnée dans les montagnes environnantes, en passant dans les villages Jalq’a. Ceux-ci sont néanmoins difficilement accessibles et nous décidons de passer par une agence. Pour continuer dans le tourisme « éthique et responsable », nous choisissons une agence à but non lucratif, dont les bénéfices sont utilisés pour financer des projets de développement des villages de la région. N’étant pas assez nombreux pour faire la randonnée de deux jours, nous nous rabattons sur une balade d’une journée, qui mixe randonnée à pieds et transport en minibus. Nous partons donc samedi matin direction le minuscule village de Chataquila, à 35km de Sucre, au niveau d’un col où nous petit-déjeunons et apprenons quelques coutumes du coin, notamment le tribut à la Pachamama, la divinité terre nourricière. Nous empruntons ensuite pendant deux heures un des chemins pavés que les Incas ont construit à travers leur vaste royaume. Dès que nous passons le col, le paysage qui était jusqu’ici embrumé laisse place à un magnifique panorama dégagé sur les montagnes : un beau mélange de vert et d’ocre. Nous nous plaisons à parcourir ce chemin en imaginant les Incas de l’époque accompagnés de leurs lamas.

La deuxième étape de la journée est le cratère de Maragua. Ce lieu n’est en fait pas un cratère en tant que tel (pas de volcan ou d’impact météoritique ici) mais en rappelle la forme. La formation est totalement plissée et forme une cuvette circulaire, résultat des forces tectoniques en jeu dans la région. Le lieu est vraiment étonnant.

Quarante minutes de marche plus loin, on observe une paroi rocheuse dans laquelle ont été fossilisées des traces de dinosaures, vraisemblablement un carnivore et un herbivore, mais n’ayant pas vécus à la même époque.

Nous redescendons au petit village de Maragua pour déjeuner puis allons jeter un œil à la garganta del Diablo, une formation rocheuse sculptée par les écoulements d’eau.

Il est enfin temps de rentrer à Sucre, Lucero notre guide bolivienne aura été un puits de connaissances sur la flore locale, ainsi qu’un puits de bonne humeur ! À Sucre, à peine sortis du minibus, nous récupérons un car de nuit direction La Paz.

Potosi, la cité minière

Nous arrivons à Potosi après 3h d’une belle route grimpant dans les montagnes. Les paysages arides laissent place à d’immenses plaines verdoyantes et remplies de lamas.

Potosi est située à 4090m d’altitude, c’est la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute au monde ! Elle est dominée par le Cerro Rico, cette montagne pleine de minerais (notamment d’argent) qui a fait la richesse de Potosi dans les temps coloniaux et qui est toujours exploitée aujourd’hui.
Après avoir trouvé une chambre privée pour 100 bolivianos (soit 15€, on apprécie déjà les prix boliviens^^), nous partons nous promener dans la ville. Le centre est vraiment beau, avec sa cathédrale, ses églises, couvents et maisons colorées. En revanche, certaines rues sont bondées de circulation et, contrairement au Chili, le piéton n’est clairement pas prioritaire. La ville présente un mélange de cultures surprenant. On voit beaucoup de femmes en tenues traditionnelles (jupes et gilets, chapeaux ronds et longues nattes, couverture colorée dans le dos pour porter objets ou enfants) à côté de jeunes habillés à l’européenne, des hommes en costumes et des enfants en uniformes. Contrairement au Chili, la majorité de la population est d’origine inca, et les enfants ont tendance à nous dévisager dans la rue ^^ On dîne ce soir-là pour 7€ à deux, ça nous change décidément du Chili !

Vue sur le Cerro Rico

Le lendemain matin, nous avons décidé d’aller visiter une des nombreuses mines actives sur le Cerro. Celles-ci sont encore en activité, et le minerai en est extrait par les mineurs dont les conditions de travail n’ont pas beaucoup évolué depuis l’époque coloniale. Pour cette raison, nous avons pris soin de passer par une agence tenue par des anciens mineurs reconvertis en guide, et dont une partie des bénéfices va directement aux mineurs. Notre guide s’appelle Wilson, parle anglais, et est un sacré spécimen^^ On l’aura pour nous tout seul. On commence par aller au marché des mineurs, où ceux-ci achètent feuilles de coca (stimulant et coupe-faim), boissons et outils de travail. Nous achetons quelques présents pour les mineurs (comme le veut l’usage) : feuilles de coca, soda, et bâton de dynamite ! Potosi est la seule ville où l’on peut se balader tranquillement devant des policiers, bâtons de dynamite à la main. Après nous être équipés pour visiter la mine (bottes, sur-vêtements et casque avec lampe) nous nous rendons à une usine de séparation des minérais. On y apprend comment, à partir des échantillons ramenés par les mineurs, on extrait un mélange de minéraux (ceux-ci ne sont pas séparés les uns des autres). Techniques archaïques par manque de moyens. C’est parti ensuite dans l’une des nombreuses mines qui percent le Cerro Rico. On y passe environ 1h30, à explorer les tunnels (parfois en rampant, parfois en grimpant), à observer le travail des mineurs et à se faire expliquer le système de coopérative minière qui existe aujourd’hui. C’est à la fois très intéressant et très impressionnant. Le travail des mineurs est harrassant, ils passent près de 10h par jour dans le noir total, dans des tunnels parfois très étroits, à creuser, percer, ramasser, etc. Le bâton de dynamite acheté au marché est utilisé directement par un mineur qui en a besoin. Un peu en retrait, on entend le bruit de l’explosion (et d’autres un peu plus loin) et on sent la terre trembler. On essaie de ne pas trop penser à la masse de roche au dessus de nos têtes… On finit l’exploration avec un petit rituel devant le dieu El Tio, protecteur des mineurs, où Wilson nous souhaite de concevoir deux bébés dès ce soir (oui il s’étonnait qu’au bout de 6 ans ensemble, nous ne soyons pas mariés, ni n’ayons d’enfants^^). Nous retrouvons avec plaisir la lumière du jour.

L’après-midi, nous nous promenons et visitons la Casa Nacional de la Monedad, le lieu où les monnaies étaient fabriquées à partir de l’argent prélevé dans les mines du Cerro Rico. Ça complète très bien la visite de ce matin.


Le lendemain matin, on visite un couvent jésuite et apprenons tout de la vie des sœurs à l’époque coloniale : la 2e fille de familles nobles espagnoles entrait au couvent à 15 ans pour ne plus jamais en ressortir, et ne jamais revoir de visages extérieurs… Les architectes et mères supérieures ont redoublé d’ingéniosité pour s’assurer qu’elles ne voient personne pendant la messe, la confession, et même le parloir avec leur famille. Une dot de 2000 pièces d’or (ou équivalent matériel) était versée au couvent, d’où la richesse du lieu en tableaux et objets divers. Chose curieuse, les deux visites guidées (Monedad et couvent) auront été faites en français ! On est étonnés de trouver autant de francophones dans les centres culturels.

Nous filons enfin prendre un bus pour notre prochaine destination : Sucre, près de 1500m plus bas, capitale constitutionnelle de la Bolivie.

Trek bolivien jour 3 : le salar d’Uyuni

On quitte l’hôtel de sel vers 6h, plutôt pressés contrairement à hier, puisque l’objectif est d’être dans le salar pour le lever du Soleil. En passant, on en profite pour regarder les constellations qui sont apparues dans le ciel pendant la nuit. On arrive dans le salar (pas tous seuls !) avec une petite surprise : celui-ci est recouvert d’une pellicule d’eau de 5cm ! On a l’impression d’être au beau milieu d’une lagune. Pour sortir de la voiture plusieurs options : monter sur le toit, prendre le risque de noyer ses chaussures, ou être un vrai bonhomme et y aller pieds nus… Le soleil se lève, et l’épaisseur d’eau pare les quelques îles au loin de jolis reflets. Le tout est encore une fois fantastique, irréel.

Plus loin, on retrouve la terre ferme, heu pardon, le sel. Oui oui, le salar, c’est 12 000 km^2 de sel, sur une épaisseur de 40m… soit deux départements français. Et tout ça avec une platitude remarquable, ce qui permet un paquet de photos amusantes 🙂

Plus loin et encore plus au sec, on découvre la structure géométrique du salar en hexagones dont Gilles avait parlé à Arnaud. Une structure aussi »complexe » à cette échelle de distances c’est fascinant !

Trois autres arrêts dans le salar : la visite du premier hôtel sel, les yeux de sel (des petites cavités profondes où remontent des vapeurs de soufre dues au magmatisme local), et une roue crevée.

On termine l’excursion par une visite du cimetière de trains, où sont restées des épaves datant de plusieurs dizaines d’années lors de l’exploitation intensive des mines, certaines locomotives ayant été redécorées. On mange avec nos compagnons de route, et c’est la fin d’un beau périple.

Ni une ni deux, nous fonçons récupérer un bus pour Potosi. Il ne nous reste plus que 19 jours pour la Bolivie et le Pérou, pas le temps de traîner !

Punta Arenas, ou le (presque) bout du monde

Nous voici donc à l’étape la plus australe de notre voyage, Punta Arenas. Nous sommes juste à côté du détroit de Magellan, canal qui sépare l’Amérique de la Terre de feu, petite île partagée entre Argentine et Chili, abritant en particulier Ushuaia. Encore une fois, il fait très beau, même si les températures ne dépassent pas les 15°C.

Nous profitons du lundi pour nous balader tranquillement dans la ville. Contrairement à beaucoup de villes chiliennes, Punta Arenas est plutôt agréable, avec une belle plaza de Armas, entourée de superbes demeures.

Le soir, nous faisons enfin un restaurant pour nous féliciter de toutes nos randonnées. Notre choix s’est porté sur « La Cuisine », restaurant tenu par un français marié à une chilienne, qui allie produits chiliens et raffinement français. La décoration est très kitch (sur le thème Paris), la musique bien française, on se sent nostalgiques 😉 Après avoir dégusté en entrée la spécialité du coin, le centolla (crabe royal de Patagonie), nous nous régalons de guanaco (et oui, les revoilà nos guanacos !) et de mouton de Patagonie en dégustant de bons vins chiliens. Nous craquons ensuite sur l’assiette de fromages, directement importés de France. Haaaaaaaaa quel délice ! On se rend compte que la cuisine française nous manque… On finit le repas sur des crèmes brulées puis nous nous résignons à rentrer à l’auberge. Ce restaurant nous aura transcendé ! Les plats étaient tous très rafinnés ce qui, avouons-le, change de la majorité de la cuisine chilienne.

Le lendemain matin, nous partons avec une agence sur l’île Magdalena, lieu de nidification des manchots de Magellan (des petits manchots, moitié plus petits que les célèbres manchots empereurs). Après 45 minutes de traversée, nous débarquons sur l’île qui est littéralement couverte de manchots ! Ceux-ci reviennent chaque année pour s’accoupler, couver les œufs et laisser les petits grandir avant de repartir fin mars/début avril. Nous sommes en fin de saison, les petits sont donc déjà grands mais ça reste quand même très impressionnant. L’île vierge de végétation est creusée de toute part par les terriers, et se trouve être bruyante : en effet, les manchots « braient » ( oui, on dirait le cri d’un âne).


Après 1h à mitrailler les manchots, nous réembarquons pour nous approcher de l’île Marta, où une colonie de lions de mer et une colonie de cormorans ont élus domicile. Pour le coup, on aperçoit pleins de bébés lions de mer, tous noirs, qui jouent et s’ébattent dans l’eau, c’est adorable. Les adultes sont plus tranquilles, notamment les imposants mâles qui se dressent de toute leur hauteur en nous jaugeant.


Déjà ravis de notre balade, l’apothéose survient 15 minutes avant de rejoindre la côte, deux baleines croisant notre route. Décidément, nous sommes comblés.


Le soir, c’est encore dîner au restaurant (ben oui, on a fait beaucoup de randonnées quand même^^), bien chilien cette fois, avec un ceviche en entrée puis des raviolis au potiron et un ragout de lièvre. Miam !

Demain, nous prenons l’avion direction le nord du Chili et San Pedro de Atacama, où nous devrions gagner près de 15°C et découvrir de tous nouveaux paysages. Plus de nouvelles sur place 🙂

Torres : suite et fin

Troisième jour de randonnée sur le W, cette fois-ci avec nos gros sacs à dos puisqu’on change de camping. Hier, nous avons exploré l’une des deux vallées du parc (Brittanico), l’objectif pour aujourd’hui est de rejoindre le départ de la seconde vallée, qui mène aux fameuses « Torres », les tours de roche que l’on retrouvent sur toutes les cartes postales.

Le plan prévoit 6h30 de marche — donc grosse journée — où on longe essentiellement un très grand lac. Ce périple se déroule gentiment avec quelques montées au début, sans être trop méchantes, en terrain dégagé. Rares sont les moments où l’on perd le lac de vue. Finalement, le chemin est parcouru en 4h, on arrive tôt au camping pour se reposer et se préparer pour la dernière journée. On aura encore eu de la chance sur le temps : un beau Soleil le matin, et quelques nuages blancs l’après-midi.

On passe la soirée à regarder​ un film au chaud sous la tente : »Demain », un film/documentaire sur le monde futur, qui aborde les problèmes écologiques, économiques, énergétiques, d’éducation, etc. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il interroge ces problèmes sous un aspect positif, en montrant des exemples d’initiaves qui fonctionnent. On a tous les deux beaucoup aimé, et beaucoup appris. On conseille très fortement ce film !

Dimanche, c’est notre dernier jour sur le W. À la fin de la journée, on quittera le parc pour Puerto Natales, et on a le choix entre deux bus : un à 14h, l’autre à 19h. Comme la rando est annoncée durer 9h, on ne se presse pas pour partir le matin. Lors du rangement des sacs et de la tente, on assiste à un joli lever de Soleil, encore une fois (oui je sais c’est rageant) sans nuage.

On laisse les sacs dans un refuge (qui aura essayer de nous faire payer pour ça…), et on part avec nos petits sacs à dos, pic-nic inclus. Après être revenus un peu sur le sentier d’hier, on aborde l’ascension affichant quand même 600m de dénivelé, le plus gros du W. La moitié du chemin est en terrain dégagé et nous donne une jolie vue sur les paysages du parc, l’autre en forêt. La dernière partie est la plus technique, avec une montée raide dans les cailloux, on est contents de ne pas être trop chargés… On rencontre sur le chemin des têtes connues (en particulier des Français qui ont fait le parcours du W en même temps que nous), et on est récompensés en arrivant en haut par la splendeur des Torres éclairées par le Soleil de 11h. Finalement la montée ne nous aura pris que 3h.

On réalise qu’il est possible d’attraper le bus de 14h si l’on se dépêche pour la descente… Hésitation intense. Ce sont les nuages menaçants qui vont nous décider : au lieu de picniquer, on finit nos fruits secs pour reprendre de l’énergie, et on commence la descente à grandes enjambées ! La légère pluie qui s’installe nous conforte dans notre choix… On termine la descente en 2h, pile à temps pour récupérer le bus ! On enchaîne alors navette, bus pour Puerto Natales, et même bus de Puerto Natales à Punta Arenas. On dit au revoir aux guanacos (ou presque, cf. l’article suivant) des paysages désertiques, et nous entrons dans la ville la plus australe de notre périple en fin de journée. On s’installe, on hésite longtemps sur un resto à sushis (c’est que le manque commence à se faire sentir…), mais on finit par manger plus local (comprendre gras, en l’occurrence un mélange de viandes accompagné de frites). Si la randonnée était géniale, on est contents de retrouver un vrai lit !
Profitons de la fin des randos patagoniennes pour faire un petit bilan : Torres est considéré comme l’incontournable de cette région, devant en particulier El Chalten en Argentine. Franchement, El Chalten est largement au niveau de Torres en ce qui concerne les randonnées (Laguna Torres ou le chemin vers le Fitz Roy par exemple) et même Cerro Castillo donne des paysages aussi impressionnants, alors qu’il y a beaucoup beaucoup moins de monde sur ce sentier ! Le plus que nous trouvons à Torres n’est pas dans les randos, mais dans le paysage environnant. Un simple voyage en bus à travers le parc donne des paysages à couper le souffle (en particulier au lever et coucher du Soleil) avec lacs, montagnes, glacier, etc. et c’est la majesté de ces vues qui rend Torres magique. C’est un peu frustrant en un sens, mais nos plus belles photos ont été prises au niveau de la mer, pendant le voyage en navette, ou en sortant de celle-ci !