Lima, la fin du périple

15 avril au matin, nous arrivons à Lima sous un beau soleil. Pour le coup nous avions choisi une compagnie de car reputée (Oltursa) et nous n’avons pas été déçus. On se serait cru dans une compagnie aérienne : salon VIP à la gare, sièges hyper confortables, télé, repas soir et matin, WiFi, etc. Nous avons nettement mieux dormi que pour le trajet Cusco-Arequipa. Nous nous rendons directement au centre, là où se trouve notre hôtel et la majorité des points d’intérêt de la ville.
Nous nous attendions tellement à trouver une ville pas très jolie et surchargée de circulation que nous sommes finalement agréablement surpris. Le centre historique de la ville a du charme, avec notamment quelques belles places et de jolies rues piétonnes. Image atypique, de nombreux vautours veillent sur la cathédrale.
Aujourd’hui, pas de visites de prévues. Nous profitons de ce dernier jour de vacances pour nous balader tranquillement, bouquiner dans un parc et déguster nos dernières spécialités péruviennes, le ceviche que nous apprécions toujours autant, et les anticuchos, brochettes de morceaux de cœur de bœuf macérés dans du vinaigre.


Nous nous remémorons nos deux mois de voyage, qu’est ce que ça a passé vite ! Mais nous avons fait et vu tellement de choses. Nous avons appris une nouvelle manière de voyager, sans tout organiser à l’avance, avons fait de nombreuses rencontres, avons amélioré notre espagnol, … et nous sommes supportés pendant deux mois 😉 C’est bon, le mariage est officiellement confirmé^^

Si l’on devait résumer en quelques phrases notre voyage, disons qu’il y a eu deux phases bien distinctes : une première au Chili (et en Argentine) où on a fuit les villes polluées et sans intérêt pour parcourir les magnifiques parcs naturels, avec volcans, glaciers, rivières, déserts ; et une seconde phase plus culturelle en Bolivie et au Pérou, où nous avons été envahi par ces traditions et cet art de vivre incas, malgré la période de la colonisation espagnole (qui laisse de son côté nombre d’églises et de couvents également intéressants).

Nous reprenons l’avion dimanche 16 au matin (le jour de Pâques !) et arriverons à Paris le 17. Nous espérons que nous vous avons bien fait voyager et que nous vous retrouverons très bientôt, au plus tard au mariage !

Arequipa, la ville blanche (oui encore une)

Nous y sommes, la dernière étape de notre séjour avant de reprendre notre avion à Lima. Pour fêter ça, nous avons décidé de nous faire plaisir en allant dans un hôtel plus haut de gamme. Après avoir passé une mauvaise nuit en car de nuit, nous découvrons notre hôtel à Arequipa. Grande chambre avec deux (!!) lits doubles, superbe douche (de l’eau chaude et de la pression ouiiiii), grand jardin avec hamacs, piscine, … On est très très bien 😉
Nous partons quand même en exploration dans la ville. Il fait très beau (comme 300 jours par an apparemment) et la ville est assez tranquile, c’est très reposant. La plaza de armas est très belle, entourée d’arcades et d’une grande cathédrale construite en sillar, une roche volcanique blanche utilisée comme matériau de construction pour beaucoup de bâtiments de la ville.

 

Nous nous rendons au marché San Camilo, où l’on peut acheter aussi bien des fruits, de la viande, des chapeaux, ou encore des herbes médicinales puis allons visiter le bâtiment le plus célèbre d’Arequipa, le monastère Santa Catalina. Ce monastère est une véritable petite ville dans la ville : trois cloîtres, des patios, un nombre incalculable de cellules réparties dans des « rues », des fontaines, etc. Les soeurs étaient les filles cadettes de familles nobles fortunées, comme au couvent de Potosi. Elles y avaient cependant la vie beucoup moins dure… Elles avaient des esclaves à leur service et étaient autorisées à donner des réceptions. Une mère supérieure aurait voulu mettre fin à cette « débauche » et aurait été victime de 5 tentatives d’assassinat !


Nous passons le reste de l’après-midi au bord de la piscine, avant de ressortir le soir. Nous avions oublié, nous sommes jeudi Saint ! Les rues sont remplies de locaux qui vont à l’église puis s’installent sur des grandes tables disposées le long des rues pour manger de la viande préparée à des stands, et boire un maté de coca. Scène difficilement imaginable à Paris mais que Arnaud visionne bien en Italie^^
Après une bonne nuit de sommeil et une matinée encore passée auprès de la piscine, nous allons déjeuner au Zig Zag, restaurant helvético-péruvien où nous dégustons poulet, boeuf, alpaga et saumon cuit sur une pierre volcanique. Miam !

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Cusco et la vallée sacrée des incas

De retour à Cusco, il ne nous reste plus que deux jours pour profiter de la ville et de ses alentours, notamment de la vallée sacrée où de nombreux vestiges de l’époque glorieuse des incas sont encore présents. Le temps nous étant compté, nous nous résignons à passer par une agence pour visiter en un jour les principaux sites de la vallée, sachant que deux ou trois jours seraient idéalement nécessaires.

Première étape Chinchero, petit village avec une charmante église de l’époque coloniale et des murs et terrasses incas. Nous visitons également un atelier de tissage, où les tisseuses nous présentent les étapes principales de leur travail, le procédé de coloration de la laine est impressionnant d’efficacité. En particulier l’utilisation de la cochenille, insecte blanc vivant sur les cactus, qui donne une coloration rouge vif lorsqu’on le presse.

Prochain arrêt Moray. Ici, on peut observer des terrasses en cercles concentriques. Les Incas se servaient de ces terrasses comme de laboratoire agronomique, en testant les conditions de culture de différentes plantes : l’INSERM avant l’heure !

À Maras, plus de 4000 bassins (datant aussi des incas) alimentés par l’eau salée résurgeante des montagnes permettent d’extraire du sel, utilisé pour la consommation ou à des fins médicinales.

Direction ensuite la « forteresse » d’Ollantaytambo. Elle a été nommée ainsi par les Espagnols qui l’assiegeaient mais il s’agit en fait d’un sanctuaire qui présente de superbes murs Incas, et une très belle vue sur la région (elle est située à l’intersection de 3 canyons).

Notre dernière étape sera la ville inca de Pisac, incroyablement bien conservée. Malheureusement, on arrive un peu tard à cause des embouteillages, une partie du site est déjà fermée.

Pour notre dernier jour à Cusco, nous allons visiter le site de Sacsayhuaman, tout proche de Cusco. Encore une fois un sanctuaire, avec des murs constitués d’impressionnants blocs de pierre, le plus gros pesant 150 tonnes. Et les carrières sont situées à 5km…

 

On retourne manger au Green Point (restaurant végétarien) où deux surprises nous attendent. La première, que l’on avait espérée en réalité, c’est de recroiser Justin et Rachel avec qui nous avons fait l’inka jungle trail. La deuxième, plus improbable, c’est de croiser une consœur de l’ENS que Arnaud n’avait pas vu depuis 5 ans ! Silvia, qu’il a rencontré à Pise, est venu pour un mois au Pérou. Le monde est tout petit !

L’après-midi, nous nous attardons au temple de Coricancha, ancien temple du Soleil inca sur lequel les Espagnols ont reconstruit une église dominicaine. Le site mêle architecture inca, espagnole et moderne, c’est étonnant ! Faute de tout détruire, les espagnols ont gardé quelques murs. Mais pour ne pas trop le montrer, ils les ont recouvert de tableaux (de la vie de Saint Dominique en l’occurrence), ou carrément de fresques !

Nous finissons par la visite de la Merced, couvent qui possède l’un des plus beaux cloîtres du pays.


Nous nous rendons comme des fleurs au terminal terrestre à 19h pour acheter nos billets pour nous rendre directement à Arequipa. Sur place, on apprend que c’est la semaine sainte (ben oui, Pâques approche), donc que beaucoup de locaux se déplacent et que tous les bus sont pleins ! Tous ? Non, il reste quelques places chez une compagnie. Pas le choix, pas de marge de négociation, on prend ! On aura eu chaud quand même 🙂

Inka Jungle Trail jours 3 et 4

Ce matin 9 avril, c’est parcours de tyroliennes près de Santa Teresa ! Au programme, montée d’un flanc de montagne puis descente au moyen de 4 grandes tyroliennes qui traversent la vallée. C’est très fun, d’autant plus que nous faisons la dernière en cochon pendu^^ On finit en traversant un long pont suspendu, impressionnant pour certains, mais nous avions vu bien pire en Corse !
Un minibus nous amène ensuite à Hydroelectricas, fin de la route, et nous entamons deux heures de marche au bord de la voie ferrée (où passent les trains venant de Cusco), entourés de montagnes couvertes de végétation tropicale. On arrive ainsi à notre dernière étape : Aguas Calientes, petit village touristique d’où nous partirons le lendemain pour grimper jusqu’au Graal. On profite du temps libre pour boire tous ensemble de la bière péruvienne.

Lundi 10 avril, lever à 4h ! Nous partons tous ensemble monter les quelques 1900 marches (!!) qui mènent à l’entrée du Machu Picchu. Il fait encore nuit noire, les lampes frontales nous sont bien utiles.

Après 50 minutes de montée, le soleil s’est levé et nous arrivons en bas du site. À 6h pile les portes s’ouvrent et nous entrons parmi les premiers… Nous découvrons le Machu Picchu encore endormi, blotti sous une fine couverture de brume. Presque personne sur le lieu, une lumière encore très faible, l’ambiance est quasi-mystique. Peu à peu, le Wayna Picchu (littéralement la grande montagne) se découvre, et et on obtient une vue d’ensemble avec la cité inca. Nous ne sommes pas déçus, l’effet est saisissant.

Nous parcourons les lieux d’abord avec notre guide, en passant par le temple du Soleil, le temple du condor, etc. On est contents d’être allés au musée à Cusco, on se repère bien mieux sur les lieux, et on a des informations complémentaires. Le temple du Soleil a des murs arrondis et deux fenêtres que la Soleil n’éclaire précisément perpendiculairement que lors des deux solstices ! Le temple du condor est aussi un haut lieu de la religion inca, où les prêtres déposent nombres d’offrandes. L’empereur inca habite proche de ces temples, mais isolé des autres habitations, afin de garder un certain sentiment d’isolement, d’éloignement, l’empereur étant fils de dieu.

Le temple du Soleil
Le temple du condor

On apprend que seules 30% des constructions sont d’origine, le reste ayant été rebâti, même plusieurs fois (Birgham le découvreur du site n’était pas un grand architecte), suite notamment à des tremblements de terre. Breaking news: on nous informe également que le site va probablement fermer définitivement d’ici deux ans, les visiteurs ne pourront « visiter » le site que depuis des télécabines ! Ceci pour éviter que le passage des visiteurs ne dégrade le site, qui s’enfonce depuis son ouverture… Comme si des poteaux de téléphériques n’allaient pas l’altérer ! Dépêchez-vous d’aller au Machu Picchu ! On se balade ensuite 3h30 sous un beau Soleil​ (pas donné en fin de saison humide) en s’imprégnant de l’atmosphère et en imaginant les incas évoluer dans la ville.

Nous nous rendons également à la porte du Soleil, point d’entrée originelle dans la cité qui offre un magnifique point de vue sur tout le site.


À 11h30, nous entamons la descente jusqu’à Hydroelectricas pour récupérer notre bus pour Cusco. Nous n’arriverons qu’à 21h30, bien fatigués mais comblés par cette visite…

Trek bolivien jour 2 : le Nord-Lipez

Après 10 heures de sommeil, Arnaud se sent bien mieux ! Nous petit-déjeunons de pancakes avant de repartir à la découverte du Nord-Lipez. La région est moins désertique que le sud, et nous évoluons ainsi au sein de paysages plus verts qu’hier. Nous commençons la journée en explorant des formations rocheuses érodées par le vent, on découvre ainsi la « cupa del mundo », « el camel » ou encore la « ville d’Italie oubliée » (les formations rocheuses ressemblent à une petite ville depuis le ciel, et c’est un italien qui l’a découverte…). Dans les rochers, on aperçoit quelques viscaches, sorte de chinchillas à longue queue qui sont de sacrés grimpeurs !

La Copa del Mundo

El camel


Sur la route, on croise énormément de lamas domestiqués. Il y en a de pleins de couleurs différentes, mais sont un peu timides, ils s’inquiètent lorsqu’on s’approche un peu trop. Quand ils se sentent menacés, ils baissent les oreilles en nous regardant fixement et on ne peut que penser à cette citation célèbre de Tintin « quand lama pas content, lui faire toujours ainsi ». Nous gardons donc nos distances^^


Le prochain arrêt est la Laguna Negra ou Laguna Misteriosa, qui n’a rien à voir avec les lagunes vues jusqu’ici. La région est très humide et les alentours de la lagune très verts. Celle-ci est effectivement noire, propriété due à son sol terreux. L’endroit est très paisible, juste perturbé par les cris des canards et autres oiseaux qui se répercutent en écho sur les falaises attenantes.


Nous déjeunons ensuite dans un hameau de 3 maisons, totalement paumé, où Arnaud va visiter le micro musée d’objets incas. On trouve incroyable que des gens vivent ici toute l’année.


On repart en début d’après-midi, toujours plus au nord. On traverse canyons, champs de quinoa (ils sont tout rose !) et croisons toujours plus de lamas. Nous nous arrêtons déguster une bière à la feuille de coca dans une petite ville station ferroviaire. La feuille de coca est en effet très cultivée en Bolivie, et a des vertus anti mal d’altitude (des études scientifiques l’ont prouvé !). Nous avons d’ailleurs acheté à San Pedro des feuilles de coca à faire en infusion ou à laisser macérer en bouche, c’est très sympa.

Le quinoa


Nous nous rendons ensuite à notre hôtel, situé aux pieds du salar d’Uyuni que nous explorerons le lendemain à l’aube. C’est un « hôtel de sel », cet à dire qu’une partie de ses murs est constitué de briques de sel. Plutôt atypique.

L’hôtel de sel

On passe le début de soirée à jouer au président avec des australiens, néerlandais allemands, israéliens, … Tout le monde connait ce jeu, même s’il y a quelques règles qui varient! Après dîner, nous allons dehors admirer le ciel nocturne qui est magnifique ici aussi. On retrouve les astres et constellations observées à San Pedro, et Arnaud prend quelques très belles photos.

Trek bolivien jour 1 : le Sud-Lipez

Notre séjour au Chili touche à sa fin, nous passons en Bolivie aujourd’hui. Les deux pays sont séparés par une région désertique sur l’Altiplano, le Sud-Lipez. Nous allons faire une excursion en 4*4 de 3 jours dans la région avant de rejoindre la ville bolivienne la plus proche, Uyuni. Cette région située entre 3500 et 4500m d’altitude, où se trouve notamment le salar d’Uyuni, extrêmement réputé. Le plus grand salar du monde, mais on en reparlera plus tard.
Ce matin, nous partons donc direction la frontière chilienne puis bolivienne pour se prêter aux formalités de passage. On en profite pour faire connaissance avec les 4 personnes qui feront le voyage avec nous : Luke et Karla, un couple d’australiens, Tony, également australien, et Peddy, le néerlandais. Nous rencontrons également notre chauffeur, Vladimir, qui est bolivien. Mis à part la cohue au poste frontière, c’est l’occasion de se rendre compte que nous avons vraiment de la chance avec nos passeports français qui nous permettent d’aller dans de nombreux pays sans rien payer et rien justifier. Nous avons rencontré des israéliens qui, non contents de devoir payer 100 US$ l’entrée, ont des guides spécialisés pour chaque frontière à traverser. Apparemment, la frontière Brésil/Bolivie est un cauchemar pour eux : ils doivent entre autres montrer tous les hôtels dans lesquels ils vont séjourner. Bonjour la spontanéité !

Le temps de faire tamponner nos passeports et de petit-déjeuner, nous commençons l’excursion à 11h.
Les premiers paysages sont assez semblables à ce que l’on a pu voir dans la région d’Atacama : déserts, montagnes colorées dans les tons pastels, et lagunes !
Nous faisons nos premiers arrêts à la Laguna Blanca et à la Laguna Verde. Les deux portent bien leur nom. La Laguna Blanca à une eau d’un bleu clair presque blanc tandis que la Verde est d’un bleu-vert profond.

Laguna blanca
Laguna verde

Après avoir traversé des paysages où les couleurs se succèdent (rouge, orange, jaune, noir, etc.), nous nous arrêtons au « désert de Dali », nommé ainsi à cause des formations rocheuses le parsemant, qui rappellent bien sûr ses peintures. Pas aussi impressionnant que prévu, mais le paysage est toujours surprenant.

Nous faisons ensuite une longue pause à la Laguna Salada, encore un endroit magnifique, peint dans des tons pastels assez irréels. Léa en profite pour se baigner dans une piscine à 37°C chauffée par le volcan à proximité, tandis qu’Arnaud préfère prendre des photos.

Nous déjeunons devant ce magnifique panorama, avant de repartir direction les geysers « del sol de manana ». Très différents des geysers du Tatio, ceux-ci se présentent sous la forme de cuvettes remplies d’une eau épaisse et sombre qui « blop » (comme dit Léa) et émet de la vapeur d’eau bien soufrée. L’un de ceux-ci à une activité impressionnante, et Léa n’est pas bien rassurée…


Notre dernier arrêt de la journée est la Laguna Colorada. On la voit venir de loin, ses eaux sont rouges ! Cette couleur atypique est due à la présence d’une algue microscopisque. Conséquence directe, la lagune est recouverte de flamants-roses ! Des centaines et des centaines de flamants de James se présentent à nos yeux, c’est vraiment magique.

Nous restons longtemps à observer ce spectacle, avant de nous rendre à notre auberge. Celle-ci est située dans un tout petit village (Villamar) paumé au milieu du désert, lieu d’habitation du chauffeur. Le soir, on aura le droit à un spectacle des petits garçons du village. Si la danse n’était pas vraiment synchronisée, les flûtes de Pan et les chants étaient en rythme. Léa s’est même fait invitée à danser, et elle n’a pas pu refuser !
Arnaud ne se sentant pas bien, nous nous couchons tôt, d’autant plus que nous avons reculé d’une heure en passant en Bolivie.

San Pedro jour 3 : geysers, canyons et constellations

Aujourd’hui, c’est lever à 4h30 du matin pour partir voir les geysers du Tatio, au nord de San Pedro. Pourquoi partir si tôt ? Pour arriver tout juste au lever du soleil, l’activité des geysers diminuant au cours de la journée (quand le gradient de température diminue).
On arrive ainsi à 7h30 sur le champ géothermique, le 3e plus grand au monde (près de 10km^2). On est à 4300m d’altitude, il ne fait pas chaud ! Le paysage étant encore complètement embrumé, nous commençons par petit déjeuner avec de la bonne baguette et des pains au chocolat (hmmmmm^^).
On va ensuite se baigner dans une piscine alimentée par une source réchauffée par la chambre magmatique. L’eau boue en arrivant à la surface ! (À quelle température est-elle alors ? Attention, piège…) La sortie est (très) difficile et on se hâte de se rhabiller.


Entre temps, la brume s’est estompée et on voit enfin clairement les geysers. On peut voir de l’eau bouillonner et la vapeur d’eau s’élever sur plusieurs mètres au dessus de nos têtes. Probablement beaucoup moins impressionnants que les geysers islandais mais ça donne au paysage une belle atmosphère mystique.

On se balade tranquillement entre les geysers et soudain, instant magique : le soleil derrière nous projette notre ombre sur la vapeur d’eau et une auréole colorée apparaît autour de nos têtes, c’est la gloire de Brocken ! En quelques mots : lorsque vous êtes dos au Soleil et que vous observez des nuages en contrebas, un processus de rétrodiffusion crée une auréole multicolore autour de l’ombre de votre tête. La chose subtile étant que tout le monde peut voir l’ombre de ses voisins, mais vous ne pouvez voir que votre propre auréole ! C’est beau la physique 😉 et on peut l’observer en montagne, ou plus souvent en avion en survolant des nuages. Arnaud, surexcité, mitraille le phénomène… Qui rend quand même moins bien en photo.

La gloire de Brocken

Sur le retour, nous nous arrêtons pour observer la faune locale (canards, vigognes, etc.) et déguster une brochette de lama et un empanada au fromage de chèvre. C’est un truc de touriste, mais c’est goutu. On voit d’ailleurs des lamas (les vrais lamas, 3/4 sous-espèces vues !) qui sont élevés dans la région, pour leur viande et leur laine notamment.


On revient à San Pedro aux alentours de midi, et profitons du début d’après-midi pour régler les derniers détails de notre départ du Chili demain.

On décide de louer des vélos en fin d’après-midi​ pour aller se balader dans la « quebrada del diablo », un canyon tortueux qui se prête totalement à une balade en VTT. Le chemin pour y arriver est un peu chaotique, des parties ensablées qui nous obligent à démonter, deux gués à passer à pieds, et beaucoup de nids de poule ! La partie dans le canyon est vraiment fun en revanche. On finit la balade en montant sur une colline pour avoir un beau point de vue avant de redescendre pour être rentrés avant le coucher du Soleil​.

La journée a déjà été bien remplie, mais on a encore quelque chose de spécial prévu pour ce soir. Nous ne vous avons pas encore parlé du ciel nocturne de San Pedro, mais c’est l’un des plus beaux au monde. On est en plein milieu du désert, en altitude, le ciel est d’une grande pureté. Ce ciel attire astronomes occasionnels, professionnels, et projets scientifiques d’envergure internationale comme le nouveau téléscope ALMA.

Déjà de San Pedro c’est très beau, mais nous avons voulu faire une séance d’astronomie hors de la ville, avec une agence gérée par un français et un canadien astronomes qui ont monté un « petit » observatoire chez eux. On part à 23h vers leur domicile, situé assez loin de San Pedro pour ne pas être (trop) gênés par la lumière de la ville. La nuit est sans lune, le ciel dégagé, de parfaites conditions pour observer les étoiles. Rien qu’à l’œil nu, le ciel est magnifique. Nous voyons des milliers d’étoiles et la voie lactée. Jupiter brille intensément et Saturne s’invite dans le ciel au cours de la nuit. On repère différents astres et constellations notables (planètes, alpha du centaure, la croix du Sud, les trois Marie, etc. et même notre bonne vieille grande Ourse qui apparaît la tête en bas à l’horizon !). On nous explique comment l’observation des étoiles a commencé il y 2000 ans et comment elle s’est développée jusqu’à l’apparition du télescope. Justement, la deuxième partie de la soirée consiste en l’observation du ciel avec 11 télescopes (le plus gros ayant un diamètre de 72cm) pointant vers des points notables du ciel, planètes, étoiles, galaxies. On admire les anneaux de Saturne, les satellites de Jupiter, les étoiles jumelles de Alpha du Centaure, la couleur bleue de Cirrus, la galaxie du Sombrero, etc.

On finit avec un bon chocolat chaud avant de rentrer à San Pedro, les yeux remplis d’étoiles 🙂

San Pedro jour 2 : les pierres rouges

Planning chargé aujourd’hui, avec une excursion qui va durer toute la journée, où l’objectif sera de visiter une bonne partie de l’est de San Pedro, avec déserts, lagunes et salars. L’excursion s’appelle les »Pierres rouges », nom officieux du salar de Talar, et qui devrait être le clou du spectacle.

Le minibus doit passer nous prendre à l’hôtel entre 7h et 7h30. 7h40 passé, les moins patients d’entre nous commencent à tourner en rond, échafaudant toute sorte de théorie. Finalement on est récupéré 10min plus tard, et on retrouve le même chauffeur Pato, qu’hier. C’est parti pour une super journée !

Le premier arrêt est le moins palpitant : on fait halte dans un petit village voisin de San Pedro (Toconao) pour visiter un clocher classé au patrimoine de l’UNESCO. Il est fait en adobe (comme les maisons de San Pedro), en grosses pierres volcaniques extraites à côté, et, chose notable, en bois de cactus ! Parenthèse botanique : les cactus poussent de quelques mm à 1cm par an, donc ceux qu’on peut observer sont bien souvent centenaires.

La première partie sérieuse de l’excursion est une visite du salar d’Atacama à 2300m (le plus grand du Chili, et accessoirement la plus grande réserve de lithium connue, faisant du Chili le premier exportateur mondial) par la lagune Chaxa. Des jolis paysages très plats, la lagune à l’heure actuelle n’a que quelques centimètres d’eau, mais ce qui suffit pour y trouver des flamants roses ! Même s’ils ne sont qu’une poignée, on a l’occasion de les observer, en particulier lorsqu’ils se lancent dans une petite danse dans le but de remuer la vase pour y trouver des petites crevettes ou des algues microscopiques (selon les espèces de flamands). On apprend alors à reconnaître les trois différentes espèces vivant au Chili (flamants chiliens, indiens ou James). On rencontre aussi une espèce de petits oiseaux (de la taille de nos moineaux), qui n’hesitent pas à parcourir des milliers de kilomètres entre le Canada et le Chili lors de leur migration. À la fin, petit déjeuner organisé par l’agence, avec du pain acheté dans une (vraie) boulangerie française… De la baguette !!! Il est 10h, on se régale en faisant des réserves pour attendre le déjeuner, qui sera à l’heure chilienne… Soit 16h. Gloups.

Après cet « apéritif », on se rend aux Lagunas Altiplanicas (Miscanti et Miniques), situées cette fois-ci à 4350m d’altitude ! On les voit dans des paysages très colorés, où les montagnes présentent des dégradés de rouge (oxydes de fer et de cuivre), de jaune (soufre), de vert (végétation)… et du blanc, avec la neige des sommets. On y apprend que les cinq montagnes entourant la lagune Miscanti servaient de points de repère astronomiques aux Incas. On y rencontre quelques autres flamants. C’est simplement magnifique, et totalement nouveau pour nous !

Deuxième gros morceau de la journée : c’est le départ vers le salar de Talar. Toute la route regorge de surprises, tant pour les paysages désertiques et pourtant toujours changeants, que pour la faune locale : on y rencontre une nouvelle espèce de lamas : la vigogne ! Dispersés dans le désert, on les trouve en groupes, des fois très près de la route, à grignoter la seule végétation présente dans le coin : des touffes de grandes herbes vertes ou jaunes. Quatre espèces de lamas sont présentes au Chili : les guanacos, les lamas, les vigognes et les alpagas ; score de 2/4 pour l’instant.

Arrivée à la lagune Tuyaito à 4090m (et la fin de la route) : une nouvelle lagune — certes sans flamants — mais quelle vue ! Derrière elle se dressent quelques collines aux couleurs pastelles. Si les guides touristiques en parlent peu (cf. Le Routard entra autres), ça vaut vraiment le détour, et c’est une excursion classique à San Pedro.

Enfin, c’est l’apothéose de la journée : après 20min de route en sens inverse, on arrive aux fameuses « Pierres rouges ». Le paysage est grandiose, surnaturel même. Les quelques montagnes alentours sont tout en dégradés de couleurs, alors que l’eau de la lagune est quasi-transparente par endroits, ou avec des reflets bleus qui pourrait faire pâlir une plage des Caraïbes ! On y apprend que c’est la présence de nombreux ions (lithium, bore, potassium entre autres) qui lui donne sa typicité… Baignade interdite, cela va sans dire !

Rassasiés de toutes ses couleurs, nous prenons la route du retour, sur laquelle on s’arrête pour rassasier nos estomacs à Socaire. Repas local et très bon, puis c’est finalement le retour à San Pedro. Une journée extraordinaire, et les quelques désagréments du voyage en groupe ont été largement récompensés par la bonne organisation, et les nombreuses réponses concernant faune et flore locales. Sortie incontournable de San Pedro !

Vues depuis San Pedro

Découverte du Nord du Chili

Ce mercredi 22 mars, nous disons au revoir au sud pour faire un bond de plusieurs milliers de kilomètres vers le nord du Chili.
Pour cela, il ne nous faudra pas moins de deux avions pour rejoindre Calama. Les deux vols sont autant d’occasions d’admirer de haut les reliefs et paysages que nous avions vus du sol : gigantesques glaciers, cordillères, volcans et lacs en tous genres. Puis plus au nord, c’est montagnes arides vierges de végétation à perte de vue… On comprend que cette région soit absente du Routard !

De Calama, une navette nous amène à San Pedro de Atacama, où nous arrivons à 23h à notre hostal. Ce sera notre dernière étape au Chili, avant de passer en Bolivie.

Le lendemain matin, nous allons directement au centre pour réserver les excursions que nous allons faire dans la région. San Pedro est faite de maisons en adobe (mélange d’argile, de paille et d’eau), qui lui donne un faux air de Tatooine. La ville n’est qu’à « seulement » 2500m d’altitude, tous les environs dépassent les 3000m. On aperçoit tout autour des cordillères ainsi que quelques volcans qui frôlent les 6000m ! Tout est bien sûr hyper désertique, et dès que le Soleil est sorti tous aux abris…


La région est très (très) touristique et on trouve donc des dizaines d’agences (83 répertoriées) qui proposent à peu de choses près les mêmes excursions. On se croirait de retour à Pucon ! Après comparaison des prix et prestations dans plusieurs agences, nous nous tournons vers Flamingo Travel Agency avec qui on négocie une réduction, mais surtout dont les guides parlent anglais et même français. Jusqu’ici, on ne regrette pas du tout notre choix et vous la recommandons si vous passez dans le coin un jour ^^

On commence dès cet après-midi par une première​ excursion, la visite de la vallée de la Lune, à l’ouest de San Pedro. On arrive dans un paysage de roches, de sable très fin et surtout de sel, dominé par des couleurs rouges, blanc, orangé, ocre.
Canyons, dunes de sable, concrétions salines, le paysage est assez irréel, totalement éloigné de ce que l’on a pu voir jusqu’ici. Le premier point de vue en haut de la grande dune de sable nous laisse sans voix ! Les photos parlant sûrement mieux que les mots…


On s’arrête ensuite quelques instants devant des roches qui ont été sculptées par le vent et la pluie et ont été nommées les trois Marie, les formes ressemblant à des femmes priant le ciel (la plus à gauche s’est malheureusement effondrée il y a quelques temps, des touristes étant grimpés dessus pour avoir un meilleur point de vue…).

Un peu plus tard, nous nous engouffrons dans un petit canyon, plutôt goulet de roche sédimentaire creusée par les eaux, une petite balade ludique, où nous devons nous contorsionner pour passer et utiliser nos frontales.

On finit la journée sur un point de vue pour admirer le coucher du Soleil avec un petit apéro organisé par l’agence.

Cette première journée dans la région de San Pedro valait déjà le coup à elle toute seule, et vous verrez que ce n’est que le début !

Bilan d’un mois au Chili

Ça y est, nous avons fini la première partie de notre voyage, qui nous a mené de Santiago à Punta Arenas. Pour célèbrer la moitié de notre séjour en Amérique du Sud, voici un petit bilan chiffré.

Transports : 52 bus/navettes, 4 taxis, 4 bacs et 3 bateaux. Oui vous avez bien lu, 52 !

Logements : 1 nuit en car, 8 nuits en tente, 12 nuits en dortoir, 5 nuits en chambre privé avec lits séparés, 9 nuits en chambre privé en lit double (dont 2 avec une salle de bain privée, le luxe !).

Nous avons visité 10 parcs naturels et effectué environ 87h de randonnée.

Arnaud a perdu 5 kilos tandis que Léa n’a pas bougé du tout. La barbe d’Arnaud a poussé de 3 bons centimètres (on ne parlera pas de Léa :p ).

Bon, on s’arrête là pour les chiffres. Il nous reste encore 3 grosses semaines à partager entre le nord du Chili, la Bolivie et le Pérou ! Encore pleins de beaux paysages en perspective 🙂