Potosi, la cité minière

Nous arrivons à Potosi après 3h d’une belle route grimpant dans les montagnes. Les paysages arides laissent place à d’immenses plaines verdoyantes et remplies de lamas.

Potosi est située à 4090m d’altitude, c’est la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute au monde ! Elle est dominée par le Cerro Rico, cette montagne pleine de minerais (notamment d’argent) qui a fait la richesse de Potosi dans les temps coloniaux et qui est toujours exploitée aujourd’hui.
Après avoir trouvé une chambre privée pour 100 bolivianos (soit 15€, on apprécie déjà les prix boliviens^^), nous partons nous promener dans la ville. Le centre est vraiment beau, avec sa cathédrale, ses églises, couvents et maisons colorées. En revanche, certaines rues sont bondées de circulation et, contrairement au Chili, le piéton n’est clairement pas prioritaire. La ville présente un mélange de cultures surprenant. On voit beaucoup de femmes en tenues traditionnelles (jupes et gilets, chapeaux ronds et longues nattes, couverture colorée dans le dos pour porter objets ou enfants) à côté de jeunes habillés à l’européenne, des hommes en costumes et des enfants en uniformes. Contrairement au Chili, la majorité de la population est d’origine inca, et les enfants ont tendance à nous dévisager dans la rue ^^ On dîne ce soir-là pour 7€ à deux, ça nous change décidément du Chili !

Vue sur le Cerro Rico

Le lendemain matin, nous avons décidé d’aller visiter une des nombreuses mines actives sur le Cerro. Celles-ci sont encore en activité, et le minerai en est extrait par les mineurs dont les conditions de travail n’ont pas beaucoup évolué depuis l’époque coloniale. Pour cette raison, nous avons pris soin de passer par une agence tenue par des anciens mineurs reconvertis en guide, et dont une partie des bénéfices va directement aux mineurs. Notre guide s’appelle Wilson, parle anglais, et est un sacré spécimen^^ On l’aura pour nous tout seul. On commence par aller au marché des mineurs, où ceux-ci achètent feuilles de coca (stimulant et coupe-faim), boissons et outils de travail. Nous achetons quelques présents pour les mineurs (comme le veut l’usage) : feuilles de coca, soda, et bâton de dynamite ! Potosi est la seule ville où l’on peut se balader tranquillement devant des policiers, bâtons de dynamite à la main. Après nous être équipés pour visiter la mine (bottes, sur-vêtements et casque avec lampe) nous nous rendons à une usine de séparation des minérais. On y apprend comment, à partir des échantillons ramenés par les mineurs, on extrait un mélange de minéraux (ceux-ci ne sont pas séparés les uns des autres). Techniques archaïques par manque de moyens. C’est parti ensuite dans l’une des nombreuses mines qui percent le Cerro Rico. On y passe environ 1h30, à explorer les tunnels (parfois en rampant, parfois en grimpant), à observer le travail des mineurs et à se faire expliquer le système de coopérative minière qui existe aujourd’hui. C’est à la fois très intéressant et très impressionnant. Le travail des mineurs est harrassant, ils passent près de 10h par jour dans le noir total, dans des tunnels parfois très étroits, à creuser, percer, ramasser, etc. Le bâton de dynamite acheté au marché est utilisé directement par un mineur qui en a besoin. Un peu en retrait, on entend le bruit de l’explosion (et d’autres un peu plus loin) et on sent la terre trembler. On essaie de ne pas trop penser à la masse de roche au dessus de nos têtes… On finit l’exploration avec un petit rituel devant le dieu El Tio, protecteur des mineurs, où Wilson nous souhaite de concevoir deux bébés dès ce soir (oui il s’étonnait qu’au bout de 6 ans ensemble, nous ne soyons pas mariés, ni n’ayons d’enfants^^). Nous retrouvons avec plaisir la lumière du jour.

L’après-midi, nous nous promenons et visitons la Casa Nacional de la Monedad, le lieu où les monnaies étaient fabriquées à partir de l’argent prélevé dans les mines du Cerro Rico. Ça complète très bien la visite de ce matin.


Le lendemain matin, on visite un couvent jésuite et apprenons tout de la vie des sœurs à l’époque coloniale : la 2e fille de familles nobles espagnoles entrait au couvent à 15 ans pour ne plus jamais en ressortir, et ne jamais revoir de visages extérieurs… Les architectes et mères supérieures ont redoublé d’ingéniosité pour s’assurer qu’elles ne voient personne pendant la messe, la confession, et même le parloir avec leur famille. Une dot de 2000 pièces d’or (ou équivalent matériel) était versée au couvent, d’où la richesse du lieu en tableaux et objets divers. Chose curieuse, les deux visites guidées (Monedad et couvent) auront été faites en français ! On est étonnés de trouver autant de francophones dans les centres culturels.

Nous filons enfin prendre un bus pour notre prochaine destination : Sucre, près de 1500m plus bas, capitale constitutionnelle de la Bolivie.

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