San Pedro jour 3 : geysers, canyons et constellations

Aujourd’hui, c’est lever à 4h30 du matin pour partir voir les geysers du Tatio, au nord de San Pedro. Pourquoi partir si tôt ? Pour arriver tout juste au lever du soleil, l’activité des geysers diminuant au cours de la journée (quand le gradient de température diminue).
On arrive ainsi à 7h30 sur le champ géothermique, le 3e plus grand au monde (près de 10km^2). On est à 4300m d’altitude, il ne fait pas chaud ! Le paysage étant encore complètement embrumé, nous commençons par petit déjeuner avec de la bonne baguette et des pains au chocolat (hmmmmm^^).
On va ensuite se baigner dans une piscine alimentée par une source réchauffée par la chambre magmatique. L’eau boue en arrivant à la surface ! (À quelle température est-elle alors ? Attention, piège…) La sortie est (très) difficile et on se hâte de se rhabiller.


Entre temps, la brume s’est estompée et on voit enfin clairement les geysers. On peut voir de l’eau bouillonner et la vapeur d’eau s’élever sur plusieurs mètres au dessus de nos têtes. Probablement beaucoup moins impressionnants que les geysers islandais mais ça donne au paysage une belle atmosphère mystique.

On se balade tranquillement entre les geysers et soudain, instant magique : le soleil derrière nous projette notre ombre sur la vapeur d’eau et une auréole colorée apparaît autour de nos têtes, c’est la gloire de Brocken ! En quelques mots : lorsque vous êtes dos au Soleil et que vous observez des nuages en contrebas, un processus de rétrodiffusion crée une auréole multicolore autour de l’ombre de votre tête. La chose subtile étant que tout le monde peut voir l’ombre de ses voisins, mais vous ne pouvez voir que votre propre auréole ! C’est beau la physique 😉 et on peut l’observer en montagne, ou plus souvent en avion en survolant des nuages. Arnaud, surexcité, mitraille le phénomène… Qui rend quand même moins bien en photo.

La gloire de Brocken

Sur le retour, nous nous arrêtons pour observer la faune locale (canards, vigognes, etc.) et déguster une brochette de lama et un empanada au fromage de chèvre. C’est un truc de touriste, mais c’est goutu. On voit d’ailleurs des lamas (les vrais lamas, 3/4 sous-espèces vues !) qui sont élevés dans la région, pour leur viande et leur laine notamment.


On revient à San Pedro aux alentours de midi, et profitons du début d’après-midi pour régler les derniers détails de notre départ du Chili demain.

On décide de louer des vélos en fin d’après-midi​ pour aller se balader dans la « quebrada del diablo », un canyon tortueux qui se prête totalement à une balade en VTT. Le chemin pour y arriver est un peu chaotique, des parties ensablées qui nous obligent à démonter, deux gués à passer à pieds, et beaucoup de nids de poule ! La partie dans le canyon est vraiment fun en revanche. On finit la balade en montant sur une colline pour avoir un beau point de vue avant de redescendre pour être rentrés avant le coucher du Soleil​.

La journée a déjà été bien remplie, mais on a encore quelque chose de spécial prévu pour ce soir. Nous ne vous avons pas encore parlé du ciel nocturne de San Pedro, mais c’est l’un des plus beaux au monde. On est en plein milieu du désert, en altitude, le ciel est d’une grande pureté. Ce ciel attire astronomes occasionnels, professionnels, et projets scientifiques d’envergure internationale comme le nouveau téléscope ALMA.

Déjà de San Pedro c’est très beau, mais nous avons voulu faire une séance d’astronomie hors de la ville, avec une agence gérée par un français et un canadien astronomes qui ont monté un « petit » observatoire chez eux. On part à 23h vers leur domicile, situé assez loin de San Pedro pour ne pas être (trop) gênés par la lumière de la ville. La nuit est sans lune, le ciel dégagé, de parfaites conditions pour observer les étoiles. Rien qu’à l’œil nu, le ciel est magnifique. Nous voyons des milliers d’étoiles et la voie lactée. Jupiter brille intensément et Saturne s’invite dans le ciel au cours de la nuit. On repère différents astres et constellations notables (planètes, alpha du centaure, la croix du Sud, les trois Marie, etc. et même notre bonne vieille grande Ourse qui apparaît la tête en bas à l’horizon !). On nous explique comment l’observation des étoiles a commencé il y 2000 ans et comment elle s’est développée jusqu’à l’apparition du télescope. Justement, la deuxième partie de la soirée consiste en l’observation du ciel avec 11 télescopes (le plus gros ayant un diamètre de 72cm) pointant vers des points notables du ciel, planètes, étoiles, galaxies. On admire les anneaux de Saturne, les satellites de Jupiter, les étoiles jumelles de Alpha du Centaure, la couleur bleue de Cirrus, la galaxie du Sombrero, etc.

On finit avec un bon chocolat chaud avant de rentrer à San Pedro, les yeux remplis d’étoiles 🙂

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