San Pedro jour 2 : les pierres rouges

Planning chargé aujourd’hui, avec une excursion qui va durer toute la journée, où l’objectif sera de visiter une bonne partie de l’est de San Pedro, avec déserts, lagunes et salars. L’excursion s’appelle les »Pierres rouges », nom officieux du salar de Talar, et qui devrait être le clou du spectacle.

Le minibus doit passer nous prendre à l’hôtel entre 7h et 7h30. 7h40 passé, les moins patients d’entre nous commencent à tourner en rond, échafaudant toute sorte de théorie. Finalement on est récupéré 10min plus tard, et on retrouve le même chauffeur Pato, qu’hier. C’est parti pour une super journée !

Le premier arrêt est le moins palpitant : on fait halte dans un petit village voisin de San Pedro (Toconao) pour visiter un clocher classé au patrimoine de l’UNESCO. Il est fait en adobe (comme les maisons de San Pedro), en grosses pierres volcaniques extraites à côté, et, chose notable, en bois de cactus ! Parenthèse botanique : les cactus poussent de quelques mm à 1cm par an, donc ceux qu’on peut observer sont bien souvent centenaires.

La première partie sérieuse de l’excursion est une visite du salar d’Atacama à 2300m (le plus grand du Chili, et accessoirement la plus grande réserve de lithium connue, faisant du Chili le premier exportateur mondial) par la lagune Chaxa. Des jolis paysages très plats, la lagune à l’heure actuelle n’a que quelques centimètres d’eau, mais ce qui suffit pour y trouver des flamants roses ! Même s’ils ne sont qu’une poignée, on a l’occasion de les observer, en particulier lorsqu’ils se lancent dans une petite danse dans le but de remuer la vase pour y trouver des petites crevettes ou des algues microscopiques (selon les espèces de flamands). On apprend alors à reconnaître les trois différentes espèces vivant au Chili (flamants chiliens, indiens ou James). On rencontre aussi une espèce de petits oiseaux (de la taille de nos moineaux), qui n’hesitent pas à parcourir des milliers de kilomètres entre le Canada et le Chili lors de leur migration. À la fin, petit déjeuner organisé par l’agence, avec du pain acheté dans une (vraie) boulangerie française… De la baguette !!! Il est 10h, on se régale en faisant des réserves pour attendre le déjeuner, qui sera à l’heure chilienne… Soit 16h. Gloups.

Après cet « apéritif », on se rend aux Lagunas Altiplanicas (Miscanti et Miniques), situées cette fois-ci à 4350m d’altitude ! On les voit dans des paysages très colorés, où les montagnes présentent des dégradés de rouge (oxydes de fer et de cuivre), de jaune (soufre), de vert (végétation)… et du blanc, avec la neige des sommets. On y apprend que les cinq montagnes entourant la lagune Miscanti servaient de points de repère astronomiques aux Incas. On y rencontre quelques autres flamants. C’est simplement magnifique, et totalement nouveau pour nous !

Deuxième gros morceau de la journée : c’est le départ vers le salar de Talar. Toute la route regorge de surprises, tant pour les paysages désertiques et pourtant toujours changeants, que pour la faune locale : on y rencontre une nouvelle espèce de lamas : la vigogne ! Dispersés dans le désert, on les trouve en groupes, des fois très près de la route, à grignoter la seule végétation présente dans le coin : des touffes de grandes herbes vertes ou jaunes. Quatre espèces de lamas sont présentes au Chili : les guanacos, les lamas, les vigognes et les alpagas ; score de 2/4 pour l’instant.

Arrivée à la lagune Tuyaito à 4090m (et la fin de la route) : une nouvelle lagune — certes sans flamants — mais quelle vue ! Derrière elle se dressent quelques collines aux couleurs pastelles. Si les guides touristiques en parlent peu (cf. Le Routard entra autres), ça vaut vraiment le détour, et c’est une excursion classique à San Pedro.

Enfin, c’est l’apothéose de la journée : après 20min de route en sens inverse, on arrive aux fameuses « Pierres rouges ». Le paysage est grandiose, surnaturel même. Les quelques montagnes alentours sont tout en dégradés de couleurs, alors que l’eau de la lagune est quasi-transparente par endroits, ou avec des reflets bleus qui pourrait faire pâlir une plage des Caraïbes ! On y apprend que c’est la présence de nombreux ions (lithium, bore, potassium entre autres) qui lui donne sa typicité… Baignade interdite, cela va sans dire !

Rassasiés de toutes ses couleurs, nous prenons la route du retour, sur laquelle on s’arrête pour rassasier nos estomacs à Socaire. Repas local et très bon, puis c’est finalement le retour à San Pedro. Une journée extraordinaire, et les quelques désagréments du voyage en groupe ont été largement récompensés par la bonne organisation, et les nombreuses réponses concernant faune et flore locales. Sortie incontournable de San Pedro !

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