Sucre, la cité blanche

Nous voici arrivés en fin d’après-midi​ à Sucre, ancienne capitale de la Bolivie, qui ne détient plus que le pouvoir judiciaire (La Paz ayant déclenché une violente guerre civile simplement pour récupérer les deux autres pouvoirs). Le centre de la ville est classé, comme à Potosi, au patrimoine mondial de l’UNESCO. La place du 25 mai est entourée de beaux bâtiments coloniaux peints en blanc, et de nombreuses églises, également blanches et à façades joliment sculptées, parsèment la ville. Ne serait-ce les minibus et taxis bien trop présents, la ville serait très agréable.
Nous passons notre vendredi à nous promener, avec une première visite guidée (encore en français) de la Casa de la Libertad, lieu où a été signée la déclaration d’indépendance de la Bolivie. On y apprend beaucoup de choses sur l’histoire du pays. En particulier, le pays porte le nom de Bolivar, certes le libérateur, mais qui ne voulait pas l’indépendance du pays !

L’après-midi, nous visitons le musée d’art indigène, très bien fait, qui traite de musique traditionnelle, mais surtout de l’art textile du pays. Dès la première salle, on est totalement immergés dans l’ambiance. On a le droit à un (épais) guide papier, encore en français, qui détaille les objets de la collection, et contribue à notre immersion dans l’art tisserand. Chaque culture, chaque village a ses motifs spécifiques bien reconnaissables. Nous voyons même une tisseuse à l’œuvre et sommes complètement hypnotisés par son savoir-faire ! Grâce à l’association ASUR à l’origine du musée, et qui a pour but la conservation de l’art indigène, celui-ci continue de se développer. Si la technique reste la même, les nouvelles créations font ressortir cet indéniable caractère artistique. Même les hommes se mettent au tissage, avec leurs techniques et motifs propres.

Pour approfondir notre visite de la région, nous souhaitions faire une randonnée dans les montagnes environnantes, en passant dans les villages Jalq’a. Ceux-ci sont néanmoins difficilement accessibles et nous décidons de passer par une agence. Pour continuer dans le tourisme « éthique et responsable », nous choisissons une agence à but non lucratif, dont les bénéfices sont utilisés pour financer des projets de développement des villages de la région. N’étant pas assez nombreux pour faire la randonnée de deux jours, nous nous rabattons sur une balade d’une journée, qui mixe randonnée à pieds et transport en minibus. Nous partons donc samedi matin direction le minuscule village de Chataquila, à 35km de Sucre, au niveau d’un col où nous petit-déjeunons et apprenons quelques coutumes du coin, notamment le tribut à la Pachamama, la divinité terre nourricière. Nous empruntons ensuite pendant deux heures un des chemins pavés que les Incas ont construit à travers leur vaste royaume. Dès que nous passons le col, le paysage qui était jusqu’ici embrumé laisse place à un magnifique panorama dégagé sur les montagnes : un beau mélange de vert et d’ocre. Nous nous plaisons à parcourir ce chemin en imaginant les Incas de l’époque accompagnés de leurs lamas.

La deuxième étape de la journée est le cratère de Maragua. Ce lieu n’est en fait pas un cratère en tant que tel (pas de volcan ou d’impact météoritique ici) mais en rappelle la forme. La formation est totalement plissée et forme une cuvette circulaire, résultat des forces tectoniques en jeu dans la région. Le lieu est vraiment étonnant.

Quarante minutes de marche plus loin, on observe une paroi rocheuse dans laquelle ont été fossilisées des traces de dinosaures, vraisemblablement un carnivore et un herbivore, mais n’ayant pas vécus à la même époque.

Nous redescendons au petit village de Maragua pour déjeuner puis allons jeter un œil à la garganta del Diablo, une formation rocheuse sculptée par les écoulements d’eau.

Il est enfin temps de rentrer à Sucre, Lucero notre guide bolivienne aura été un puits de connaissances sur la flore locale, ainsi qu’un puits de bonne humeur ! À Sucre, à peine sortis du minibus, nous récupérons un car de nuit direction La Paz.

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